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Standard: «Barrett», gendre idéal et défenseur ambitieux


Standard: «Barrett», gendre idéal et défenseur ambitieux

Ce qui l’a poussé à venir : « Sclessin ? J’en ai eu des frissons ! »

Ce n’est pas être mauvaise langue que d’affirmer qu’il est difficile aujourd’hui de trouver des interlocuteurs loquaces dans le monde du football. Méfiance à tous égards vis-à-vis de la presse et des réseaux sociaux, où tout ce que vous pouvez y raconter peut un jour se retourner contre vous. Quel bonheur, dans ce sens, de recevoir et d’écouter Jacob Barrett Laursen, le dernier transfuge du Standard. Appelez-le simplement Barrett, c’est le prénom, son deuxième, qu’il affectionne le plus puisqu’il descend directement de sa grand-mère, visiblement (car tatouée sur son bras) très importante à ses yeux.

Poli, souriant, éloquent sans être verbeux dans un anglais dont on ne doutait pas qu’il maîtrise. Un gendre idéal, quoi, dont le cœur n’est plus à prendre, puisque le Danois est un jeune fiancé qui s’apprête à devenir papa dans quelques semaines. « C’est véritablement un nouveau chapitre pour moi qui s’ouvre en Belgique ! », réalise le latéral gauche, frétillant sur sa chaise au moment d’évoquer ses débuts à Sclessin, ce dimanche face au Cercle de Bruges.

Car il ne fait aucun doute que, malgré une entrée en matière compliquée à Genk le week-end dernier, où il a été énormément sollicité sur son flanc par Paintsil et El Khannous, Barrett Laursen débutera la rencontre face aux Brugeois. Ronny Deila ne l’a pas choisi par hasard et compte bien en faire un titulaire indiscutable, si et seulement si le joueur de 27 ans répond aux attentes placées en lui. « Je connaissais déjà le coach avant de venir, je connaissais déjà un peu sa vision du football. Quand il était à New York, il m’avait déjà contacté pour que je le rejoigne. J’ai un bon feeling avec lui. Avec Pierre (Locht), c’est l’une des premières personnes que j’ai eu téléphone. »

La confiance du coach déjà acquise, l’assurance d’évoluer dans un système de jeu qui lui convient, Barrett Laursen semble avoir tapé dans le mille pour redonner de l’allant à sa carrière. Pourtant, il y a encore quelques semaines, le Danois au visage d’ange reconnaît qu’il ne connaissait pas grand-chose du club liégeois et du championnat de Belgique. « Je sais que c’est une compétition très physique, plus que la Bundesliga. Si je devais comparer les deux, je dirais qu’ici, on va plus rapidement vers le but. On doit donc aussi se replacer plus vite ! En Allemagne, on a plus de temps pour construire les actions. Mais j’aime cette façon de jouer et c’est aussi pour ça que j’avais envie de venir au Standard. »

Enfin, comme toute bonne nouvelle recrue qui se respecte, le nouveau numéro 38 des Rouches (l’année de naissance de sa grand-mère) n’a pas oublié d’évoquer l’ambiance et le large contingent de supporters liégeois autour de sa nouvelle équipe. Pour le coup, l’ancien joueur de Bielefeld n’a pas eu l’air de faire semblant, lui qui était déjà dans les tribunes lors du match d’ouverture contre Gand. « J’en avais des frissons ! C’est l’une des ambiances les plus folles que j’ai jamais connue. Je m’imaginais, moi, jouer sur cette pelouse… Ce que je savais, c’est que le Standard possédait un public formidable. De savoir qu’ils sont derrière nous, même quand nous perdons, comme ce fut le cas à Genk, c’est un plus. Pour moi, le football, c’est aussi ça. C’est l’une des raisons qui m’a poussé à venir. » Un public formidable qui peut aussi se retourner contre ses propres joueurs, mais leur engouement et leur attitude dépendront finalement des prestations de chacun, à commencer par Barrett Laursen.

Ce qui le motive : «Dans le vestiaire, on sent que c’est une grande famille»

La difficulté, souvent pour un nouveau joueur, étranger de surcroît, réside dans le temps d’acclimatation à un nouvel environnement, à une autre culture. À une météo parfois capricieuse et imprévisible, aussi ! « Là, il fait trop chaud en ce moment, je préfère quand il fait 11 degrés et qu’il pleut un peu ! », s’amuse le Nordique à la peau crème. Barrett Laursen a, lui, déjà trouvé ses marques dans et en dehors du vestiaire. « J’ai été très bien accueilli par l’ensemble des joueurs. Beaucoup m’ont directement demandé si j’avais besoin d’aide, d’un chauffeur pour venir à l’entraînement, etc. On sent que c’est une grande famille, que chacun se soucie de l’autre, et ça, c’est très important dans la construction d’une équipe. » La sympathie naturelle qu’il dégage n’a toutefois pas empêché ses nouveaux coéquipiers de le vanner avec modération, notamment sur sa soi-disant ressemblance avec Denis Dragus. « De profil, c’est vrai qu’il y a quelque chose ! »

En dehors des terrains, Barrett Laursen n’a également pas tardé à s’installer, lui qui rappelons-le a signé un contrat de trois ans (voire une quatrième en option) en bord de Meuse. Si tout se passe bien, il pourrait donc y rester un bon bout de temps. « J’ai déjà trouvé un appartement dans lequel moi et ma compagne allons bientôt emménager. Elle devrait accoucher début septembre de notre premier enfant. La paternité en tant que joueur de football, ça dépend de la façon dont vous la vivez », poursuit-il, questionné sur les nouvelles responsabilités qui se profilent devant lui. « C’est pareil pour tout le monde, quand vous êtes au travail, vous pensez au travail. Quand vous rentrez chez vous, le switch se fait rapidement. Le football fait partie intégrante de ma vie, même à la maison où je le regarde à la télévision quand je ne joue pas à la console. J’aime me poser dans les deux jours qui suivent un match pour réfléchir à ce que je peux améliorer sur le terrain. Mais je sais aussi qu’il faut parfois pouvoir sortir de sa bulle. » Une bulle qu’il transperce parfois pour se retrouver entre les parois d’un terrain de padel, son autre hobby.

Ses objectifs : «Progresser en défense»

Au courant du contexte liégeois et de la saison écoulée qu’il n’a pas voulu évoquer plus longuement, celui qui rêve de devenir international danois (« C’est compliqué, nous avons une bonne équipe en ce moment ! ») sait donc aussi qu’il sera très attendu à un poste où ses prédécesseurs (Nkounkou, Gavory, Jans…) n’ont jamais totalement convaincu. « C’est normal qu’il y ait beaucoup d’attentes autour des joueurs d’un grand club », dit-t-il en souriant.

S’il est capable d’évoluer dans une défense à trois, Barrett Laursen arrive donc avec le statut d’un pur latéral gauche, amoureux du jeu offensif et pleinement conscient de sa marge de progression sur le plan défensif. « Je sais que je peux encore m’améliorer dans ce domaine. J’ai toujours aimé attaquer, déborder, c’est ce que je préfère. Mais si je suis parti en Italie très jeune (ndlr : à la Juventus), c’est aussi dans le but d’étoffer mon jeu. »

Après une semaine de prise de repères perturbée par ce déplacement délicat à Genk, l’intéressé ne veut pas encore se projeter sur les dix, onze prochains mois de compétition, même s’il est appelé à enchaîner les matches à son poste. « Forcément, je veux jouer beaucoup de matches, mais pour l’instant, ma concentration est surtout mise sur la construction d’une relation forte avec mes coéquipiers. C’est ce qui vous permet de devenir une équipe solide, c’est la base. »






Par Jonas Bernard

Le 3/08/2022 à 23:04



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