Torture et disparitions forcées, violences sexuelles, exécutions illégales : l’Ukraine dénonce à l’ONU “la liste interminable” des exactions russes



A l’issue de la réunion, demandée par Kiev, les 47 Etats membres du Conseil doivent se prononcer sur un projet de résolution demandant une “enquête” de la commission internationale de l’ONU sur l’Ukraine à propos de graves violations des droits de l’homme, reprochées aux troupes d’occupation russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy à la fin de février et en mars 2022, “en vue de demander des comptes aux responsables”.

“Des milliers de personnes dans mon pays ont perdu la vie. Les bombardements et les tirs russes font partie de notre vie quotidienne”, a déclaré la Première vice-ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Emine Dzhaparova, à l’ouverture des débats, dans une allocution vidéo.

“Torture et disparitions forcées, violences sexuelles et de genre, la liste des crimes russes est interminable”, a-t-elle dénoncé, avant de brandir une feuille sur laquelle un petit garçon violé devant sa mère a dessiné un tourbillon de lignes noires.

Durant les débats, de nombreux diplomates alliés de Kiev, mais également l’ONU, ont fait part de leur horreur et indignation face aux souffrances endurées par les Ukrainiens.

“L’agression russe s’accompagne, chaque jour, de découvertes toujours plus macabres et insoutenables”, a affirmé l’ambassadeur français Jérôme Bonnafont, tandis que son homologue britannique dénonçait la “campagne brutale” menée par Moscou.

La Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Michelle Bachelet, a déclaré que son bureau continuait de vérifier les allégations d’exactions, “dont beaucoup peuvent relever de crimes de guerre”.

“L’ampleur des exécutions illégales, y compris les indices d’exécutions sommaires dans les zones situées au nord de Kiev, est choquante”, a-t-elle dit, en précisant disposer pour l’instant d’informations sur 300 cas.

“Horreurs inimaginables” à Marioupol

Mme Bachelet a également dénoncé les “horreurs inimaginables” subies par les habitants de Marioupol.

Le projet de résolution lui demande d’ailleurs de faire le point – lors de la 50e session du Conseil (du 13 juin au 8 juillet) – sur la situation humanitaire et des droits de l’homme à Marioupol, désormais presque entièrement sous contrôle des forces russes.

Il s’agit de la première réunion consacrée à la détérioration de la situation des droits de l’homme en Ukraine depuis que l’Assemblée générale de l’ONU a suspendu Moscou début avril de la plus haute instance de l’organisation internationale en matière des droits de l’homme.

La Russie peut participer aux travaux du Conseil en tant qu’observateur mais a choisi la politique de la chaise vide jeudi et renoncé à son droit de réponse. Pour ne pas laisser complètement le terrain à ses adversaires, l’ambassadeur russe auprès de l’ONU à Genève Guennadi Gatilov a publié un communiqué dénonçant “la diabolisation de la Russie par ‘l’Occident collectif'”, parlant d’une enquête à charge et dénonçant les dérives du Conseil devenu un forum “pour faire des coups politiques”.

A l’issue d’une première réunion le 4 mars, Kiev était parvenue à faire adopter à une écrasante majorité par le Conseil des droits de l’homme une résolution décidant de créer d’urgence une commission d’enquête internationale indépendante.

Son président, Erik Mose, ancien juge à la Cour suprême de Norvège et à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et qui a également présidé le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a indiqué que la commission avait entamé ses travaux bien que n’ayant pas encore de budget.

Il a également souligné que le “grand nombre d’entités” qui enquêtent actuellement sur la situation en Ukraine n’est pas sans soulever “des questions en matière de coordination”.



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